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Les folles aventures de Fly au pays du soleil levant
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Fly
Geisharlebois


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MessagePosté le: Lun 20 Jan 2014 8:23    Sujet du message: Les folles aventures de Fly au pays du soleil levant Répondre en citant

Bon, ce n'est maintenant plus un secret pour personne, j'ai un léger faible pour la musique en provenance du Japon. Même si c'est en fait un peu plus compliqué que ça (je reviendrai sur ce point un peu plus loin), je me suis découvert une vraie passion pour ce qui se fait là-bas, plus particulièrement dans des genres auxquels je m'intéressais déjà à la base, c'est-à-dire le rock et la pop dans la plupart de leurs déclinaisons.

Mais comment tout cela a-t-il commencé? Non, je ne me suis pas réveillé un beau matin en me disant, «tiens, et si je me mettais à écouter des trucs japonais?». Ce fut un processus lent et un peu inconscient, qui a en fait débuté sans que je m'en rende compte en 2001, lorsqu'une connaissance d'alors (David aka Kaworu, membre de la grande communauté des fans de Marillion à l'époque, et que notre cher Baker connaît bien) s'est mis en tête de me faire écouter quelques groupes japonais qu'il aimait bien, le principal étant Luna Sea. J'avais été franchement impressionné sur le coup, comme si j'avais pressenti quelque chose, mais d'un autre côté j'étais encore plus ou moins allergique à tout ce qui n'était pas chanté en anglais, ou à la rigueur en français, à de très rares exceptions près comme Sigur Rós ou les progueux polonais de Quidam. Résultat je n'ai jamais vraiment réussi à approfondir le truc, surtout que de toute façon à ce moment-là il était quasiment impossible pour moi de commencer à me lancer là-dedans – because étudiant fraîchement débarqué au Québec, sans accès à Internet ou presque, et encore adepte de cette drôle d'habitude maintenant quasiment obsolète qu'on appelle «acheter des CD» (et acheter des imports japonais, ça casque).

Et puis le temps a passé, et puis il y a eu Rate Your Music. Découvert en 2007 grâce à ce cher Crafty, ce site a joué un rôle fondamental dans l'évolution de mes goûts, et de ma vision de la musique en général. Crafty encore, grâce à qui en 2009 j'ai découvert Ringo Shiina, sans contredit une des plus importantes figures de la musique populaire japonaise (et mondiale, tant qu'à y être) des quinze dernières années. Ça tombait bien, puisque c'est aussi à cette époque que j'ai abandonné presque totalement l'habitude susmentionnée pour me convertir au téléchargement sauvage. Son album Sanmon Gossip m'a fait forte impression et j'ai commencé tranquillement mais sûrement à m'adapter aux sonorités de cette langue alors particulièrement exotique à mes oreilles, ce qui est d'autant plus étonnant que sa voix est ce que les anglais appellent un acquired taste, bref un truc qui ne plaît pas à tout le monde (comme beaucoup de voix de là-bas, finalement).

Hasard ou pas, c'est également en 2009, toujours grâce à Rate Your Music, que j'ai découvert le 'trio' electropop Perfume, qui sortait justement cette année-là son album au nom imprononçable (⊿). Mais, je le sais aujourd'hui, je n'étais pas prêt. Je n'avais pas encore eu le déclic. Ce déclic n'est arrivé que deux ans plus tard, vers la mi-2011. Je parle de déclic parce que c'est vraiment arrivé en un clin d'œil, à l'insu de mon plein gré. Presque du jour au lendemain, sans que je comprenne vraiment pourquoi, cette espèce de blocage bizarre que j'avais à l'égard des langues «étrangères» a disparu. Pouf! Tout à coup, je me suis mis à écouter de la pop en suédois, puis en portugais, puis en espagnol, puis en polonais, puis en italien, et même en allemand, tiens! (Mais pas en néerlandais, faut pas déconner.) Mais c'est vraiment le japonais qui a presque instantanément pris une longueur d'avance. Tout était devenu si facile, si évident! Et maintenant que j'avais accès au monde entier en quelques clics, plus rien ne pouvait me retenir. C'est comme ça que tout s'est enchaîné. RYM, YouTube et last.fm se sont avérés de vraies mines d'or qui me permettaient d'assouvir un besoin toujours plus insatiable de nouveauté.

Ça a d'ailleurs assez vite dégénéré, comme en fait fois cette petite liste que j'essaie de tenir à jour le plus régulièrement possible. Mais alors pourquoi? Qu'est-ce qui m'attire si irrésistiblement dans ce qui se fait là-bas? Encore aujourd'hui, j'aurais bien du mal à l'expliciter clairement. Tout ce que je sais, c'est que ça vient me chercher aux tripes plus souvent qu'autrement, tellement que c'en est parfois presque caricatural.

Je sens ici le besoin de revenir plus en détail sur ma «relation» avec le Japon. D'après ce que j'ai pu constater, et contrairement à beaucoup de gens qui s'intéressent à la musique japonaise (et notamment à la J-Pop), je ne suis pas passé par la case jeux vidéos ou japanime, pas plus que je me suis pris d'une passion soudaine pour ce pays en particulier. Évidemment, quand on s'intéresse à la scène musicale d'un pays, on finit toujours par s'intéresser au pays en question, et le Japon reste un pays fascinant à bien des égards, mais c'est vraiment la musique qui est venue me chercher. Parce que oui, il y a bel et bien une façon typiquement japonaise de faire de la musique, tout comme il y a une façon typiquement british ou américaine. J'ai longtemps pensé que c'était davantage une vue de mon esprit, mais aujourd'hui je crois que non.

Alors bien sûr ce sont surtout les caractéristiques les plus évidentes qui ressortent le plus : l'approche parfois jusqu'au-boutiste (qui peut dans certains cas extrêmes s'apparenter à du terrorisme musical), l'absence totale de distinction entre ce que l'on serait tenté d'appeler le bon et le mauvais goût (autant dans sur le plan musical que visuel), et plus largement la capacité hors du commun à faire fonctionner des trucs qui, sur le papier, ne devraient pas fonctionner. Pourtant, mis à part quelques exceptions, ce ne sont pas ces éléments qui m'attirent le plus. Non, ce sont des choses bien plus pragmatiques en fait. D'abord et avant tout, il y a ce sens inné de la mélodie accrocheuse, et plus particulièrement de la mélodie vocale. Je ne sais pas jusqu'à quel point c'est ancré dans la tradition, mais je pense que c'est une conséquence directe de la façon dont la langue japonaise fonctionne. Il y a quelque chose de magique dans le japonais, un rythme et une liberté uniques, qui me semble se prêter à merveille à la composition de mélodies entêtantes et inoubliables. Mais s'il n'y avait que ça! Car en plus d'être incroyablement catchy, ces mélodies ont souvent la particularité d'exprimer des sentiments que l'on pourrait penser contradictoires, d'être à la fois euphorisantes et poignantes. C'est quelque chose de très difficile à mettre en mots, alors j'essaierai d'y revenir dans mes exemples.

L'autre domaine où bon nombre de groupes japonais excellent, c'est ce que j'appellerais la «mise en musique» : le dynamisme sonore, le jeu des musiciens proprement dit, la réalisation, bref l'enrobage. La musique japonaise peut être formidablement vivante, et même vivifiante. D'abord parce que les zicos sont souvent loin d'être des manchots, mais surtout parce qu'ils savent mettre leur technique au service de la musique. Je sais que l'on reproche souvent aux groupes japonais de manquer d'âme pour cette raison et, évidemment, ceux qui tombent dans l'excès sont légions, mais lorsque ça frappe dans le mille, ça fait très très mal. Parce que ça renforce cette impression que rien n'est impossible, et c'est ce qui fait en sorte que ça fonctionne. Plus globalement, le rock et la pop du Japon sont souvent portés par une énergie prodigieuse à laquelle j'ai bien du mal à résister. Et comme en plus depuis quelques années les groupes féminins semblent connaître une incroyable recrudescence, autant dire que c'est le jackpot à tous les étages!

Avant que ça vire au panégyrique, je sens le besoin d'ajouter que tout n'est pas si rose. C'est presque une évidence, mais mon côté fanboy pourrait donner l'impression que je ne suis plus capable de faire la part des choses. D'abord, et malgré ce que ma fausse assurance pourrait laisser croire, je n'ai fait qu'effleurer tout ce qui se produit là-bas, car c'est évidemment un puits sans fond. J'ai encore d'énormes lacunes que je ne comblerai probablement jamais, notamment dès qu'on touche aux trucs plus expérimentaux ou underground, ou même à certains «classiques». Je m'intéresse surtout (et sciemment) à certains genres en particulier, à travers la lunette de mes goûts et de mes préférences, que vous commencez à connaître : le chant féminin, le côté pop et immédiat, un désintérêt assez marqué pour l'approche archiviste au profit de ce qui se fait aujourd'hui et maintenant. Et puis surtout, je fais bien attention de mettre l'accent sur ce qui me plaît, quitte à faire comme si le reste n'existait pas vraiment, même si je peux vous dire que des trucs moyens, j'en ai écoutés. C'est une autre facette de la scène musicale japonaise, foisonnante et très productive — des artistes interchangeables et sans saveur, des albums qui débitent des platitudes au kilomètre, bref de la bonne grosse daube comme en produisent à peu près tous les pays du monde selon un ratio à peu près identique. Je n'idéalise pas la réalité, j'aborde simplement les choses comme je l'ai toujours fait, en privilégiant le plaisir et la subjectivité au détriment de l'exhaustivité et de l'objectivité.

Mais trêve de blabla, passons aux choses sérieuses!

20 janvier 2014 : Negoto
22 janvier 2014 : Chatmonchy
18 février 2014 : Ringo Shiina
2 mars 2014 : Perfume

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Negoto



Si je devais choisir un groupe, un seul, non pas pour représenter la scène musicale japonaise dans son ensemble, mais davantage comme l'archétype ultime réunissant tous les ingrédients de ma recette gagnante, ce serait sans hésiter Negoto. Negoto est un quatuor pop/rock formé en 2006 et composé de Sachiko Aoyama (chant et clavier), Mizuki Masuda (guitare et chœurs), Yu Fujisaki (basse et chœurs) et Sayako Sawamura (batterie et chœurs). Le groupe a pour le moment à son actif deux albums : Ex Negoto, sorti en juillet 2011 et 5, sorti en février 2013.

Je pense que je ne tarirai jamais assez d'éloges pour ce groupe. C'est vraiment la quintessence de tout ce que j'aime, et je chéris profondément leur musique. Elles ont vraiment quelque chose d'unique, dans leurs compositions, dans leur son, dans leurs ambiances, qui me remue à un point difficile à exprimer. Écoutez les lignes de basse qui claquent et les arrangements de claviers; ressentez cette énergie qui vous soulève presque de terre; laissez-vous emporter par les mélodies!

Fly (en février 2012) a écrit:


Negoto | Ex-Negoto (2011)

La scène musicale japonaise est un univers assez particulier, duquel on ne retient souvent que les éléments les plus extravagants. Nous avons tous été traumatisés au moins une fois par ces images aussi comiques que terrifiantes de groupes Visual Kei ou de nymphettes J-Pop. Sauf qu'évidemment, tout cela ne représente qu'une partie de ce que l'archipel a à nous offrir. Croyez-le ou non, il existe aussi des groupes japonais normaux, composés de gens normaux habillés normalement et qui jouent des chansons normales.

Vous allez me dire, c'est quoi l'intérêt? L'intérêt, c'est quand les groupes en question font de la bonne musique tout en y ajoutant des ingrédients typiquement nippons pour pimenter le tout. Prenez Negoto, par exemple. Oui, je sais, c'est encore une groupe de filles, pas la peine d'insister là-dessus. D'abord, elles chantent en japonais ce qui, vous en conviendrez, est une excellente façon de donner une saveur japonaise à leur musique. Ensuite, et c'est le plus important, leurs chansons ont ce truc en plus qui manque de plus en plus cruellement à de nombreux groupes anglos actuels : du dynamisme. Dit comme ça, ça paraît un peu con, mais c'est quelque chose d'assez difficile à décrire. Toujours est-il que chaque fois que j'écoute un album d'un groupe ou d'un artiste rock japonais, c'est ce qui me frappe le plus d'emblée, cette espèce de folie, d'énergie brute qui réussit presque immanquablement à me foutre la patate comme c'est pas permis. Et quand ce dynamisme est utilisé de façon aussi intelligente que chez Negoto, je craque.

Si vous ne voyez toujours pas où je veux en venir, écoutez le premier morceau, "Saidā No Umi", ou encore "Kisetsu". Si vous ne trouvez pas ça incroyablement euphorisant, inspirant, bref complètement mortel, je ne peux plus rien faire pour vous. Pire, si vous n'aimez pas ça, j'ai presque envie de vous dire que vous n'aimez pas la vie, mais ce serait un peu exagéré, non? D'autant plus qu'il serait dommage de réduire Negoto à ces deux chansons, aussi exceptionnelles soient-elles. Car si le reste de l'album n'atteint pas de tels sommets de surpuissance, il contient dix autres chansons tout aussi inspirées, remplies de mélodies accrocheuses et mises en valeur par une réalisation encore une fois impeccable de dynamisme et d'inventivité. Les claviers, joués par la chanteuse Sachiko Aoyama, donnent également davantage de personnalité à l'ensemble (comme par exemple sur "Merushīrū").

Bref, je ne sais pas trop pourquoi je m'évertue à parler de groupes qui n'intéressent personne alors que je pourrais utiliser mon temps si précieux à essayer de vous convaincre qu'Ænima est bel et bien l'unique chef-d'œuvre de Tool, ou que Megadeth c'est quand même beaucoup mieux que Metallica, mais c'est sans doute parce que j'ai quand même espoir que toutes ces bouteilles jetées à la mer finiront un jour par atteindre des rivages plus hospitaliers et y trouver écho. Je pense que Negoto le mérite.


Fly (en décembre 2013) a écrit:


Negoto | 5 (2013)

Début 2012, au moment où je découvrais l'excellent premier album de Negoto, j'écrivais ceci : «Croyez-le ou non, il existe aussi des groupes japonais normaux, composés de gens normaux habillés normalement et qui jouent des chansons normales.» Un an plus tard, je me rends compte que j'étais complètement à coté de la plaque. Car Negoto n'est pas un groupe "normal". Negoto n'est pas un groupe comme les autres.

Il m'a fallu un peu de temps pour le comprendre, même si avec le recul je crois avoir eu cette impression dès la première fois que j'ai écouté Ex Negoto. À l'époque, je me suis pris l'album de plein fouet, comme si j'avais trouvé le groupe qui répondait exactement à toutes mes attentes, qui me donnait exactement ce dont j'avais besoin. Puis le temps a passé, et d'autres groupes japonais se sont imposés comme des références personnelles, mais Negoto est toujours demeuré dans le haut du panier, l'album ayant régulièrement droit à une écoute quand j'avais besoin d'un truc qui fout la patate.

Vers la fin de 2012, le groupe a commencé à sortir plusieurs singles que j'ai écoutés, intrigué mais peu enthousiaste (je suis encore un gars d'album), avant de finalement publier son deuxième album 5 au début de 2013. Évidemment je me suis jeté dessus comme un rat mort... sauf qu'il ne m'a pas époustouflé comme son prédécesseur. Les circonstances ont fait qu'il m'a fallu plusieurs écoutes avant de bien saisir toute la portée de cet album, et du groupe en général. Car Negoto n'est pas un groupe comme les autres.

En apparence, on a pourtant affaire à des chansons pop/rock assez classiques, presque typiques de ce qui se fait dans le genre au pays du soleil levant, c'est-à-dire avec ce sens inné de la mélodie, cette énergie hors du commun, et cette espèce de mélancolie latente, tapie sous une grosse couche d'arrangements parfois à la limite du douteux. Et puis, tranquillement, sans vraiment s'en rendre compte, on devient accro. Comment pourrait-il en être autrement? Comment résister à des compositions aussi imparables, et surtout à un son aussi unique? Car c'est précisément sur ce plan que Negoto se démarque vraiment. Évidemment leurs chansons sont formidables, mais ce qui les rend encore plus formidables, c'est l'indéniable cohésion qui émane de ce groupe pourtant si jeune. Il faut mentionner ici le travail abattu par la bassiste Yu Fujisaki et la batteuse Sayako Sawamura, et surtout, surtout, les claviers magiques de la chanteuse Sachiko Aoyama. Ils insufflent à tout l'album une atmosphère tantôt psychédélique, tantôt onirique, qui tranche avec le côté franchement mélodique des compositions.

Si 5 débute sur les chapeaux de roue avec l'irrésistible "Greatwall" (ah! ces lignes de basse), c'est vraiment à partir de "Machi" que l'album s'envole pour de bon vers des sphères célestes. La suite est un enchaînement ininterrompu de déflagrations pop (voire carrément power pop sur les sommets que sont "Senzai Shōmei" et "Soshite, Yoake"), qui culmine en point d'orgue avec "Lightdentity" : des mélodies vocales stupéfiantes, une construction impeccable, et surtout des arrangements de claviers comme j'en ai rarement entendus dans le genre, jusqu'à cette dernière minute à couper le souffle, véritable orgie sonore qu'on aimerait ne voir jamais finir et qui semble d'autant plus exceptionnelle qu'elle ne dure que quelques secondes. De là à parler d'orgasme, il n'y a qu'un pas.

Et c'est là que réside la magie de Negoto. C'est ce qui fait que ce n'est pas un groupe comme les autres. Un groupe soudé, formé de quatre musiciennes au talent incroyable et précieux. Un groupe qui a maintenant à son actif deux formidables albums, remplis de chansons renversantes et étourdissantes, et qui ne peut qu'aller encore et toujours plus haut.


Fly (en août 2013) a écrit:
Negoto | Spark of Flower (DVD live, 2013)

Bon et bien, ça y est. Nous sommes le jeudi 22 août 2013, il est 14 h 32, heure normale de l'Est, et je peux maintenant l'annoncer officiellement : je suis un fanboy de Negoto. Oh, ça fait un moment déjà que je le sais, que je le sens; mais là c'est bel et bien confirmé. Il m'a suffit d'un seul visionnement de Spark of Flower pour en avoir la certitude absolue. Non, que dis-je... dès les premières mesures de "Senzai Shōmei" (qui est, il faut le souligner, ma chanson préférée de leur exceptionnel deuxième album 5, et probablement celle que j'ai le plus écoutée jusqu'à présent en 2013, tous artistes et genres confondus), ça a fait «clic» dans mon cerveau. Il ne manquait pas grand-chose pour que je craque complètement, et ce sublime concert constitue la preuve ultime que j'attendais. Voir ces quatre incroyables musiciennes sur scène, enchaîner avec l'énergie fabuleuse qui les caractérise certaines de leurs meilleures chansons, ça n'a pas de prix. C'est même une révélation que de les regarder ainsi, en pleine possession de leurs moyens et en pleine maîtrise de leur art. Je l'ai dit et je le répète : Negoto n'est vraiment pas un groupe comme les autres. Je l'ai définitivement compris depuis que Ex-Negoto est sorti, et là c'est clair comme de l'eau de roche. Je ne connais aucun autre groupe qui sonne comme Negoto, que ce soit au Japon ou ailleurs. Je ne connais aucun autre groupe capable de produire une telle musique, si simple et presque banale en apparence, et pourtant si vibrante, si colorée et si inspirante. Et rien qu'à imaginer jusqu'où elles peuvent aller (elles sont si jeunes!), j'en ai le vertige.


Pour écouter :

ループカロンメルシールー

GreatwallSharp ♯NamelessたしかなうたRe:myend!Lightdentity

シンクロマニカ

En live :

Hop! hop! hop!

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Chatmonchy



Si Negoto marque une étape essentielle dans mon processus d'immersion, ce n'est pas simplement parce qu'elles ont su me toucher en plein cœur. C'est aussi parce qu'elles m'ont mené à la découverte d'un autre groupe très important; un groupe qui allait tout bonnement changer ma vie. Je parle bien évidemment de Chatmonchy. Chatmonchy est un groupe de pop/rock fondé en 2000, mais dont la formation définitive date de 2004 : Eriko Hashimoto (chant et guitares), Akiko Fukuoka (basse et chœurs) et Kumiko Takahashi (batterie et chœurs). Le hasard a voulu que je découvre le trio à un moment charnière de leur histoire, c'est-à-dire le départ de Kumiko et la reconfiguration du groupe en duo. J'ai donc manqué de peu leur «âge d'or», mais ça ne m'a pas empêché de sombrer corps et âme dans les abîmes d'une fanboyitude sans précédent.

Car oui, Chatmonchy a changé ma vie. Non seulement c'est devenu mon groupe japonais préféré, mais c'est également devenu mon groupe préféré tout court. Si on m'avait dit qu'un jour mon groupe préféré serait un groupe japonais, moi non plus je n'y aurais pas cru. Et pourtant. Elles sont arrivées sans tambour ni trompette et elles ont mis mes certitudes sens dessus dessous. Je suis littéralement devenu obsédé par le groupe. Pendant la majeure partie de 2012, je revenais constamment à elles parce que le reste me semblait fade et sans saveur. Je me suis senti redevenir adolescent, à cette époque où chaque nouveau groupe vous marque au fer blanc, jusque dans vos tripes. Même mes premières amours de jeunesse, les Dire Straits, Pink Floyd et consorts, n'étaient jamais parvenus à me rendre dingue à ce point-là. Je pouvais passer mes journées entières à faire tourner leurs chansons en boucle, au point d'en arriver à ne plus savoir si j'en étais rendu à ce point-là parce qu'elles sont merveilleuses, ou si j'avais fini par les trouver merveilleuses à force de les écouter (je sais, je fais souvent cette remarque, mais c'est caractéristique des obsessifs).

Évidemment, avec le recul, les choses me paraissent plus claires et plus évidentes. Je l'affirme aujourd'hui sans hésitation : Chatmonchy est un des plus importants groupes de rock des dix dernières années, tous pays confondus. Pour moi, elles trônent même au sommet, pour plusieurs raisons. D'abord parce qu'elles ont changé ma vie, donc. Mais surtout parce qu'elles possèdent une des discographies les plus irréprochables que je connaisse. On parle ici de cinq albums complets, de deux EP officiels et d'une compilation de 19 faces B, sans compter leurs nombreux et magnifiques DVD, pour un impressionnant taux de réussite de 100 %. Il n'y a absolument rien à jeter chez Chatmonchy. Et le plus surprenant dans tout ça, c'est qu'il m'a fallu pas mal de temps pour en arriver à cette conclusion.

En effet, les choses auraient pu mal tourner. Ma première écoute de leurs deux premiers albums (Miminari et Seimeiryoku) n'a pas fait forte impression, c'est le moins que l'on puisse dire. C'est probablement ce qui explique le CHOC que j'ai ressenti quand j'ai écouté pour la première fois leur troisième, l'immense Kokuhaku. L'album qui a réussi l'exploit de dégager Sound Awake de la première place de mon top 2009 (!!!). Si vous savez ce que représente cet album pour moi, alors vous commencez à comprendre ce qui se joue ici. Vous comprendrez également que l'on est dans la subjectivité la plus assumée pour affirmer de telles énormités sans ciller. Mais c'est comme ça. Chatmonchy est un groupe extraordinaire, et même si leur avenir semble légèrement compromis depuis qu'Eriko a accouché de son premier enfant à l'automne 2013, j'ai toujours espoir que la passion qui les anime nous réservera encore de belles choses. Car ce serait bien triste de gâcher un talent aussi hors du commun pour un putain de mioche, non? (Je blague, là. Enfin, juste un peu.)

Fly a écrit:


Chatmonchy | Seimeiryoku (2007)

Est-il possible d'être à ce point à côté de la plaque? Comment Chatmonchy, que je considérais au départ comme groupe d'un seul album (le sublime Kokuhaku), a pu en l'espace de quelques semaines devenir tout bonnement mon groupe de rock préféré? Il faut dire que ma première écoute des deux premiers albums n'a pas été très concluante et que je les ai vite mis au rencard, trop subjugué que j'étais par leur successeur. Mais à force d'accumuler les écoutes et de prendre conscience de l'immense talent du trio, j'ai fini par me décider à redonner une chance, d'abord au premier Miminari, puis ensuite au deuxième Seimeiryoku. J'ai presque immédiatement compris mon erreur.

Ce qui n'était au premier abord qu'une masse uniforme de chansons sans saveur et sans éclat s'est révélé être une autre merveille. Je n'avais écouté le disque qu'une seule fois, et pourtant dès la deuxième écoute j'avais l'impression de connaître toutes les chansons. Parce que c'est peut-être ça la plus grande force de Chatmonchy : au-delà de leur dynamisme et de l'incroyable chimie qui les unie, il y a ce sens de la mélodie, amplifié par le caractère puissamment accrocheur de la langue japonaise. Évidemment, il faut voir plus loin que l'image ces trois frêles musiciennes (en réalité capables d'en mettre plus d'un à genoux) et passer outre la voix suraiguë d'Eriko, mais une fois le blocage tombé c'est le pied assuré.


Fly a écrit:


Chatmonchy | Kokuhaku (2009)

Vous l'avez peut-être remarqué, je suis quelqu'un de relativement bon public. Disons en tout cas que j'ai une bonne idée de ce qui est susceptible de me plaire et que j'ai décidé qu'il valait parfois mieux ne pas trop se prendre la tête avec quelque chose d'aussi futile (même si essentiel) que la musique. Le problème, c'est qu'à force de tout trouver sympa, on dirait parfois que je ne sais plus quand ni comment mettre l'accent sur ce qui vient vraiment me chercher, sur ce qui constitue à mes yeux la crème de la crème et qui mérite un peu plus que de simples "wow c'est vraiment cool". Difficile d'être pris au sérieux quand on donne l'impression d'être incapable de faire le tri et qu'on porte aux nues le moindre album de pop avec une nénette au micro.

C'est pour ça que je me sens toujours bien emmerdé quand un album vient justement chambouler ma routine à grands coups de latte dans la gueule, comme par exemple le troisième album du trio nippon Chatmonchy (ou チャットモンチー si on veut se la péter). Jamais je n'aurais pu penser une seule seconde qu'il allait devenir mon album de chevet au point où la plupart des autres albums que j'écoute me sembleraient bien fades en comparaison. Bon, d'accord, ce sont des filles donc elles partent d'emblée avec un avantage, mais ce sont aussi des Japonaises qui chantent en japonais, ce qui n'est pas forcément l'idéal dans mon cas. Heureusement, le hasard a voulu que j'aie réussi à vaincre pour de bon cette espèce d'allergie bizarre que j'avais pour tout ce qui n'est pas chanté en anglais ou en français. C'est peut-être ce qui explique en partie l'effet pour le moins explosif qu'a eu sur moi ce Kokuhaku.

Car on ne parle pas ici d'un album comme les autres. On parle d'un de ces albums qui viennent foutre en l'air une fois pour toutes la dernière once de préjugé que j'aie pu avoir à l'égard de tout ce qui n'appartient pas au bréviaire de la Musique Pop Occidentale. C'est ça Kokuhaku : comment trois Japonaises réussissent le tour de force a priori invraisemblable de faire la leçon à tous ces groupes de rock dont on nous rabat les oreilles à longueur de blogues, d'articles et de chroniques alors que la plupart n'en valent probablement même pas la peine. Chatmonchy transcende ici cette idée à la con selon laquelle un groupe "allophone" restera toujours un peu exotique parce qu'il ne pratique pas la langue de l'autochtone (en l'occurrence l'anglais, langue du rock par excellence) — un peu de la même façon que certains trouveront toujours le moyen de rappeler aux femmes qui font du rock qu'elles ne seront jamais "one of the boys" — et nous sert tout simplement un pur chef-d'œuvre.

Pour tout dire, ça faisait un sacré bail que je n'avais pas entendu un groupe sonner comme ça. Musicalement parlant, Chatmonchy est un vrai groupe de rock. Rien que le son de cet album est un monde en soi : une réalisation d'une pureté absolue au service de trois musiciennes bourrées de talent mais jamais démonstratives, bref un vrai régal. Et puis il y a ces chansons. C'est vraiment sur ce plan que Kokuhaku éclipse toute concurrence. Là où de nombreux groupes peinent à aligner plus de deux morceaux marquants, le trio propose treize merveilles sans même donner l'impression de se forcer. Des compositions dynamiques, accrocheuses, impeccablement construites, remplies de mélodies inoubliables. Même les chansons plus légères ("Hibiscus wa Fuyu ni Saku" et "Love Is Soup") ont ce petit truc en plus qui fait qu'elles s'intègrent parfaitement à l'ensemble. Ajoutez à cela le contraste saisissant entre l'intensité furieusement rock et la voix suraiguë d'Eriko Hashimoto, et c'est la réussite assurée.

Et voilà, j'en ai encore fait tout un plat, mais je n'avais pas le choix. Quand j'écoute des chansons du calibre de "8cm no Pinwheel", "Hira Hira Hiraku Himitsu no Tobira", "Umi Kara Deta Sakana", "Last Love Letter" ou "Aimai na Kanjou", je ne peux que m'incliner et dire bravo! et merci! Bravo les filles, vous avez sorti un des meilleurs albums de tous les temps. Merci les filles, vous avez changé ma vie.

mise à jour
Même après 63 écoutes (dixit iTunes), cet album fait toujours aussi mal. C'est fascinant de savoir que plein de gens passeront à côté d'un truc aussi monstrueux pour plein de mauvaises raisons (ça chante pas en anglais, la voix est trop aiguë, flyingwill aime ça). J'ai beau répéter souvent que la perfection, ça n'existe pas, chaque fois que j'écoute Kokuhaku, je me dis que peut-être que oui finalement. Parce que sur un plan purement formel, oui, cet album est parfait. C'est sans aucun doute un des albums de rock les plus aboutis et les plus incroyables que j'aie eu l'occasion d'écouter. La réalisation est absolument divine de clarté et d'intensité, les trois musiciennes ont trouvé l'équilibre idéal dans leur jeu (chaque riff, chaque ligne de basse, chaque frappe est à sa place), et les compositions sont toutes absolument formidables, explorant tout le spectre du genre sans jamais tomber dans la facilité. Et puis il faut souligner encore une fois le travail unique d'Eriko Hashimoto, dont les mélodies vocales inoubliables sont le petit truc en plus qui propulse Chatmonchy dans une autre dimension et laisse la plupart des autres groupes du genre sur le carreau. J'imagine que le fait de savoir que ça restera leur sommet inégalé pèse également lourd dans la balance pour moi :(


Fly a écrit:


Chatmonchy | Hyōjō (2010)

Comment devient-on un fanboy, un vrai? Qu'est-ce qui fait que l'on passe du statut d'amateur éclairé à celui de fan aveugle? S'il s'agit souvent d'un processus progressif, il est parfois possible de déterminer précisément quel a été l'élément déclencheur, le fameux déclic qui nous a fait basculer du côté obscur, au-delà du point de non-retour. Dans le cas de ma relation avec Chatmonchy, Hyōjō est le coupable tout désigné.

Il est important de souligner que Hyōjō est une compilation, qui regroupe les dix-neuf faces B des dix singles sortis par le trio entre 2006 et 2009. Bref, quelque chose d'a priori anecdotique, que j'ai finalement décidé d'écouter surtout pour approfondir la question, pour voir. Grosse erreur. J'avais beau être en train de prendre tranquillement la mesure de leur talent, je ne m'attendais vraiment pas à un tel choc. Encore une fois, une chanson après l'autre, il a fallu que je me rende à l'évidence et que j'accepte mon sort. J'étais désormais un fanboy. Et c'est précisément là que réside toute la force de Chatmonchy, peut-être le groupe le moins original qui soit quand on ne l'observe que de loin.

Si j'ai été frappé de plein fouet par la puissance de l'irrésistible Kokuhaku, il m'a fallu un peu plus de temps pour apprécier leurs trois autres albums, et pour saisir à quel point elles étaient passées maîtres dans l'art délicat d'écrire des putains de bonnes chansons. Dans le fond, Hyōjō n'a fait que confirmer cette impression, et de belle façon! Car les chansons ici réunies n'ont de faces B que la désignation. Toutes sans exception sont de petits bijoux qui auraient très bien pu figurer sur l'un ou l'autre des albums studio sortis durant la même période. Je pousserais même l'audace un peu plus loin en affirmant que certaines d'entre elles sont parmi les meilleures jamais écrites par le groupe, même si à bien y penser, il n'y a rien de surprenant dans cette affirmation puisque Chatmonchy est le groupe le plus constant que je connaisse sur le plan de l'inspiration et de la qualité.

Ce qui est clair en tout cas, c'est que Hyōjō est tout aussi indispensable que le reste de leur discographie, d'autant plus qu'il témoigne de l'incroyable diversité dont elles sont capables dans les limites, pourtant si étroites en apparence, du genre dans lequel elles officient. S'il est probable qu'un jour elles finiront par me décevoir (ce n'est toutefois pas parti pour être le cas), pour le moment je me contente de savourer.


Fly a écrit:


Chatmonchy | Henshin (2012)

Il existe plusieurs avantages à être un fan de Chatmonchy. D'abord, vous en conviendrez sûrement, c'est toujours agréable d'être fan du meilleur groupe du monde. En plus d'être un gage de qualité, ça limite les risques d'être déçu puisque par définition le meilleur groupe du monde ne faillit jamais. Ensuite, ça permet de ne jamais s'ennuyer. En effet Chatmonchy, comme beaucoup de formations japonaises par ailleurs, est un groupe très productif : quatre albums, deux EP, deux compilations et une dizaine de singles en sept ans à peine, pour un total de 81 chansons originales et pas un seul déchet. Rien à jeter, que dalle, zéro, niet. Taux de réussite : 100 %. Et c'est sans parler de leurs sublimes DVD. Vous en connaissez beaucoup des groupes capables d'une telle prouesse? Pas moi en tout cas.

Et ça ne s'arrête pas là. Juillet 2011, la batteuse Kumiko Takahashi annonce qu'elle quitte le groupe. Argh. Quand un trio, c'est-à-dire la formation rock dans ce qu'elle a de plus pur et de plus fondamental, perd un de ces membres, c'est forcément un drame. Ça donne un coup. En tout cas moi ça m'en a donné un, même si j'ai appris la nouvelle plusieurs mois après puisque je ne connaissais pas encore le groupe quand c'est arrivé. Pour la plupart des groupes, cela signifierait soit la fin, soit à tout le moins le début d'une intense période de réflexion et de remise en question. Pas pour Chatmonchy. Plutôt que de jeter l'éponge, de se morfondre ou de tenter l'impossible (à savoir trouver une remplaçante à Kumiko), Eriko et Akiko décident de se lancer tête première et de devenir un duo. Stupeur, Akiko délaisse sa basse, agrippe des baguettes et s'installe derrière les fûts!

Ainsi, quelques mois seulement après cette "transformation", Chatmonchy démarre 2012 en trombe avec deux (excellents) singles, qui seront suivis de trois autres (tout aussi excellents) au cours du printemps et de l'été, avant l'annonce tant attendue et pourtant si surprenante : déjà un cinquième album! Un petit bémol ici — comme pour les albums précédents, les cinq singles déjà parus durant l'année sont sur la tracklist, ce qui veut dire concrètement sept nouvelles chansons plutôt que douze, mais bon c'est toujours ça de pris. Parce que ce qui compte avant tout c'est le résultat final, non? Et bien, croyez-le ou non, Henshin est à n'en pas douter une totale réussite pour le Chatmonchy nouveau.

Une seule écoute aura suffi pour ressentir autant le soulagement de voir que l'inspiration est plus que jamais au rendez-vous, que l'excitation à l'idée d'explorer un monde à la fois familier et inconnu. Familier grâce à la marque qu'imprime plus que jamais la voix d'Eriko dans notre cerveau; inconnu compte tenu des ajustements rendus nécessaires par la configuration à deux. Outre les déjà classiques et furieux "Hatena" et "Kirakira Hikare", on retiendra au hasard le sublime minimalisme de "Yes or No or Love", les irrésistibles (comme toujours) mélodies vocales de "Futari, Jinsei, Jiyuugaoka" ou les divines cordes de "Aruku Object". Elles osent, elles prennent des risques, elles tentent le tout pour le tout, et ça leur réussit. Je vous avais bien dit que c'était le pied d'être fan du meilleur groupe du monde.


Pour un aperçu plus complet : Chatmonchy

À écouter :

ハナノユメ恋の煙恋愛スピリッツ

シャングリラ世界が終わる夜にとび魚のバタフライ女子たちに明日はないバスロマンス

8cmのピンヒールヒラヒラヒラク秘密ノ扉染まるよ風吹けば恋Last Love Letter

ここだけの話

バースデーケーキの上を歩いて帰った

コンビニエンスハネムーンYes or No or Love初日の出きらきらひかれ

En live :

Hop!

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Ringo Shiina



Autant je suis capable de verser le plus naturellement du monde dans le panégyrique quand il est question des groupes suscités, autant ça se complique un poil quand vient le temps de parler de Ringo Shiina. Dire un peu trop de bien de groupes dont tout le monde se contrefout, c'est sans conséquences, mais s'attaquer à un tel monument, c'est déjà plus intimidant. Car oui, Ringo est un monument. Heureusement, je ne le savais pas encore quand j'ai décidé sur un coup de tête de choper Sanmon Gossip après avoir lu la courte review de Crafty. Ce fut un sacré choc, et mon premier vrai contact profond et durable avec ce pays qui allait devenir quelques années plus tard une véritable obsession.

Pour être bien franc, ça ne me servirait pas à grand-chose d'essayer de vous expliquer pourquoi Ringo est une légende. D'abord parce que je ne suis pas le plus grand spécialiste en la matière, et surtout parce que ce n'est pas très pertinent pour moi. Je n'ai pas choisi de parler d'elle (ni de tous les autres artistes abordés ici d'ailleurs) parce qu'elle a marqué à sa façon l'histoire de la musique au Japon, mais simplement parce que j'adore la majeure partie de son œuvre et parce qu'elle a marqué à sa façon mon histoire personnelle. Après tout, c'est elle, ma première fois (*rougit*). Le plus drôle là-dedans étant qu'elle est souvent la première fois de bien des gens qui décident de se frotter à la musique japonaise (et malheureusement souvent la dernière, pour toutes sortes de raisons, et pas forcément celles auxquelles vous pensez). Encore une fois parce que c'est une figure incontournable, pour ne pas dire indispensable, et aussi parce que sa discographie est profondément singulière et fascinante.

Bon, c'est bien beau tout ce blabla, mais concrètement? Et bien concrètement, Yumiko Shiina est une auteure-compositrice interprète japonaise née le 25 novembre 1978. Elle a à son actif six albums sortis entre 1999 et 2009 ainsi que diverses compilations, sans compter les albums qu'elle a sortis avec son groupe Tokyo Jihen entre 2004 et 2012. Son surnom (et prénom de scène), Ringo, signifie "pomme" en japonais, et lui viendrait de la tendance qu'elle avait étant jeune à rougir pour un rien (selon d'autres sources, ce serait également parce qu'elle est fan des Beatles). Voilà pour le pitch de vente. Le plus important à retenir, c'est que Ringo est une artiste hors du commun, et cela se reflète dans tout ce qu'elle fait. Il y a une patte Ringo, alliance d'un savoir-faire propre à bien des musiciens japonais et d'une personnalité unique et plus grande que nature.

Quand on aborde les multiples talents de Ringo Shiina, il faut, d'abord et avant tout, souligner son incroyable talent de compositrice. Si je vous rabats les oreilles à longueur de journée avec ça, c'est bien parce que c'est LA caractéristique la plus essentielle à mes yeux, chez elle comme chez tous les autres. Ringo, comme bon nombre de ses compatriotes, a un sens de la mélodie proprement stupéfiant, qui s'est manifesté dès son premier album Muzai Moratorium (rappelons ici qu'elle avait à peine 20 ans quand il est sorti). J'ai presque envie de dire qu'une chanson de Ringo Shiina ne peut tout simplement pas ne pas être accrocheuse. Mais bon, tout ça c'est presque la base, l'évidence. Car Ringo maîtrise tout : le fond comme la forme. Et les seules choses qui pourraient constituer un frein sont toujours les mêmes : sa voix et sa langue. Partant du principe que, si vous lisez ces mots, c'est que vous avez au moins un préjugé favorable à l'égard de la langue nippone, il ne vous reste donc plus qu'à succomber à sa voix unique et nasillarde.

Le meilleur moyen pour ce faire, c'est de commencer par le commencement. Les plus fervents admirateurs de la Pomme seront tentés de vous conseiller d'entrer directement dans le vif du sujet avec son troisième album, Karuki Zamen Kuri no Hana. Je comprends, mais je ne pense pas que ce soit l'idéal parce que ça reste un album moins facile à aborder pour le béotien. C'est pourquoi je lui préfère largement les deux premiers, Muzai Moratorium (1999) et Shōso Strip (2000). Ringo nous y présente plusieurs facettes de son talent, et ils ont contribué chacun à leur façon à asseoir le "mythe". Le premier est souvent regardé de haut par certains fans, qui n'y voient qu'une vulgaire tentative rock mal dégrossie et sous influence. Muzai Moratorium n'a certes pas la personnalité aussi affirmée que ces deux principaux successeurs, mais il reste un premier album de très haute tenue qui plaira surtout aux amateurs de pop rock ultra accrocheur grâce à ses compositions imparables et à son énergie contagieuse. Le second quant à lui représente un moment charnière, celui où toute la folie créatrice de Ringo a finalement explosé à la face du monde. Shōso Strip est en effet à la fois une confirmation de ce que l'on pouvait déjà pressentir sur Muzai Moratorium, et un pas de géant qui propulse la jeune musicienne dans une autre dimension. Dans un autre ordre d'idée, c'est également à partir de Shōso Strip qu'un trait de caractère assez particulier va s'exprimer pleinement; un trait qui selon moi en dit long sur le degré de perfectionnisme qui l'anime : son obsession de la symétrie. Cette obsession se traduit autant dans l'agencement des morceaux que dans la durée même des albums (ainsi, Shōso Strip dure 55:55 et Karuki Zamen Kuri no Hana, 44:44).

Une chose est sûre, Ringo fait désormais partie des grands, et le parallèle avec une artiste aussi unique en son genre que [Artist160] est presque inévitable. Il faut comprendre qu'en l'espace de deux albums, elle est devenue une immense vedette au Japon, statut qu'elle va s'évertuer à déconstruire en faisant tout le contraire de ce que l'on attendrait d'elle : mettre sa carrière en veilleuse pour élever son premier enfant, fruit d'un mariage raté avec un de ses musiciens. Elle offrira ensuite à ses fans Utaite Myōri ~Sono Ichi~ (2002), double album constitué uniquement de reprises, avant de revenir en 2003 avec ce que plusieurs considèrent comme l'un des meilleurs albums des quinze dernières années (voire DE TOUS LES TEMPS), Karuki Zamen Kuri no Hana. Mais j'ai beau adorer cet album, j'ai du mal à comprendre ce qui justifie de tels dérapages verbaux. Oui, c'est un album complexe et ambitieux, mais pas vraiment plus que Shōso Strip. On dirait que parce que Ringo y a mis toute son âme, parce l'album part dans toutes les directions, on s'imagine qu'il est forcément meilleur. Enfin, je pinaille, probablement parce que ça m'agace que tant de monde réduise sa carrière (voire la musique pop japonaise des quinze dernières années) à ce seul album.

Quoi qu'il en soit, après cet album, Ringo va une fois de plus prendre tout le monde à contrepied en empruntant le parcours inverse d'une chanteuse pop "normale" : passer d'une carrière solo à un groupe, en l'occurrence Tokyo Jihen, formé notamment avec son bassiste et collaborateur de longue date Seiji Kameda. Ne nous voilons toutefois pas la face, Ringo reste le moteur du groupe et y imprimera profondément sa marque, puisque Tokyo Jihen ne saurait exister sans elle (c'est d'ailleurs elle qui y mettra fin en 2012). Ensuite, puisque l'on ne peut pas vraiment considérer Heisei Fūzoku comme un album à part entière, il faudra attendre 2009 pour entendre son quatrième (et à ce jour dernier) album solo, l'excellent Sanmon Gossip. Un véritable feu d'artifices pop débordant de jazzitude cheesy et de toutes sortes d'autres influences parfois un peu douteuses mais toujours magnifiées par son talent hors du commun.

Depuis, c'est plus ou moins le calme plat, avec quelques singles par-ci par-là, 2013 étant l'année la plus fructueuse avec le super doublé "Irohanihoheto" / "Kodoku no Akatsuki" (pourquoi pas un disque entier dans cette veine?) et l'immanquable Netsuai Hakkakuchū en collaboration avec Dieu lui-même, Yasutaka Nakata. L'année 2014 sera quant à elle placée sous le signe de la nostalgie puisque Ringo fêtera ses quinze ans de carrière. En espérant un miracle et, pourquoi pas, un nouvel album?

Une jolie page : SHiiNA RiNGO

Pour écouter :

幸福論

歌舞伎町の女王ここでキスして。積木遊び

本能ギブス罪と罰アイデンティティ闇に降る雨

やつつけ仕事メロウ

Σ

真夜中は純潔

映日紅の花

迷彩

りんごのうたLa salle de bain (浴室)

ハツコイ娼女花魁

流行色恋沙汰都合のいい身体

ありあまる富

いろはにほへと

熱愛発覚中

Et tant qu'à faire, lisez les excellentes chroniques de NumeroSix sur Guts of Darkness.

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Perfume



La suite c'est ici.

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À suivre...
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DarkSchneider



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MessagePosté le: Lun 20 Jan 2014 10:15    Sujet du message: Répondre en citant

Et B'Z, tu connais ? t'en penses quoi ? C'est quand même le groupe japonais number 1..

J'aime bien ta démarche car comme toi j'ai toujours été très curieux de ce qui se passait en dehors de la sphère anglo-saxonne, mais je trouve un peu dommage ton approche non-archiviste, centré sur l'actualité...pour moi il est indispensable de bien connaitre les principaux courant de par leur histoire, connaitre ceux qui ont pavés la voie aux artistes actuels, y'a que comme ça que l'on peut réellement aborder un genre..
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Fly
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MessagePosté le: Lun 20 Jan 2014 15:19    Sujet du message: Répondre en citant

DarkSchneider a écrit:
Et B'Z, tu connais ? t'en penses quoi ? C'est quand même le groupe japonais number 1.

Première fois que j'en entends parler lol

DarkSchneider a écrit:
je trouve un peu dommage ton approche non-archiviste, centré sur l'actualité...pour moi il est indispensable de bien connaitre les principaux courant de par leur histoire, connaitre ceux qui ont pavés la voie aux artistes actuels, y'a que comme ça que l'on peut réellement aborder un genre.

Voir ma réponse ci-dessus. Autant avec la musique "occidentale" il est relativement facile d'avoir un peu de recul et une vision globale (parce que ça a été analysé ad nauseam), autant ça devient quasiment impossible dès qu'on touche à ce qui se fait ailleurs. Et puis les artistes/groupes japonais ont une autre particularité qui ajoute à la difficulté, c'est qu'ils sont ultra productifs. C'est rebutant plus qu'autre chose.

Si on ajoute à ça le fait qu'il est très difficile de simplement se procurer toute cette musique, que de toute façon ça fait longtemps que j'ai arrêté de chercher à m'y retrouver dans les influences des uns et des autres (sans parler du fait que bon nombre de groupes japonais ou d'ailleurs sont aussi influencés par la musique occidentale), et que j'ai aujourd'hui bien du mal à écouter des vieux trucs parce que ça ne m'intéresse plus (ça vaut aussi pour la sphère anglophone), tu comprendras que ce n'est pas demain la veille que je commencerai à creuser plus profondément. J'ai déjà le vertige rien qu'avec tout ce qui sort, alors je n'imagine même pas ce que ça serait si je devais me sentir obligé d'explorer le passé.

Et puis après tout, je ne suis pas musicologue.
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Fly
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MessagePosté le: Lun 20 Jan 2014 15:28    Sujet du message: Répondre en citant

Sinon les autres vous avez le droit de commenter, de tester, de râler, de discuter, de vous en contrefoutre, etc. Je tâcherai de mettre à jour le premier message en y ajoutant régulièrement de nouveaux artistes/groupes, en commençant probablement par ceux dont j'ai déjà parlé en ces terres éternelles.
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DarkSchneider



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MessagePosté le: Lun 20 Jan 2014 15:50    Sujet du message: Répondre en citant

Fly a écrit:
DarkSchneider a écrit:
Et B'Z, tu connais ? t'en penses quoi ? C'est quand même le groupe japonais number 1.

Première fois que j'en entends parler lol


Ce qui me surprend. C'est le plus gros vendeur de disque au japon, le gratteux, Tak Matsumoto, est un des 5 mecs au monde à avoir sa gibson signature...

Bref quand tu t'intéresses à la musique japonaise, au bout d'un monde (via lien youtube, last fm etc) forcément tu es redirigé vers ce groupe. Ca me l'a fait car je m'intéresse beaucoup à la scène heavy japonaise (et B'Z n'a fait que 2 albums hard, ils sont plutôt pop rock).


Citation:

Voir ma réponse ci-dessus. Autant avec la musique "occidentale" il est relativement facile d'avoir un peu de recul et une vision globale (parce que ça a été analysé ad nauseam), autant ça devient quasiment impossible dès qu'on touche à ce qui se fait ailleurs. Et puis les artistes/groupes japonais ont une autre particularité qui ajoute à la difficulté, c'est qu'ils sont ultra productifs. C'est rebutant plus qu'autre chose.


Oui la tache est beaucoup plus dur avec cette scène insulaire, qui nous est très peu connu. Je ne dis pas qu'il faut tout savoir de l'historique, impossible, mais au moins connaître 3 ou 4 noms qui ont fait en partie l'histoire du genre.

Je te rejoins totalement pour la surproductivité de ces groupes, et mêmes quand ils ne sortent que peu de vrais albums ils trouvent moyen de sortir des tonnes de compils en tout genre (cf X Japan).


Dernière édition par DarkSchneider le Lun 20 Jan 2014 16:37; édité 1 fois
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Cedric
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MessagePosté le: Lun 20 Jan 2014 15:59    Sujet du message: Répondre en citant

C'est cool de vous voir blablater même si j'y pompe rien parce que j'ai pas écouté les liens :)
Et donc en bon gros néo-beauf de base, Dir En Grey fait partie des trucs que vous écoutez/aimez ?
Parce que, à part X Japan, c'est le seul groupe nippon que je connaisse, et autant y a des trucs que je n'aime pas du tout chez eux, autant dans le malsain, ils sont pas mauvais et ça m'attrape :)
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Fly
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MessagePosté le: Lun 20 Jan 2014 16:07    Sujet du message: Répondre en citant

Ah Dir En Grey, je connais de nom! Mais j'ai jamais essayé par contre. Quant à X Japan je ne connais que Art of Life, mais Kaworu détestait tellement ce groupe que j'ai toujours eu un énorme a priori à leur égard.

Je sens ici le besoin de mentionner que, comme pour le reste, il n'y aura pas beaucoup de hard/metal dans ce sujet, même si les Japonais en sont particulièrement friands.
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Cedric
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MessagePosté le: Lun 20 Jan 2014 16:12    Sujet du message: Répondre en citant

Fly a écrit:
Je sens ici le besoin de mentionner que, comme pour le reste, il n'y aura pas beaucoup de hard/metal dans ce sujet, même si les Japonais en sont particulièrement friands.


Pas de problème l'ami, c'est ton topic Wink
C'était, ouais, juste pour savoir où se placait ce groupe dans tes écoutes (et celles de DS).
Dir En Grey, j'ai pas les noms de tête, mais y a des morceaux plus pop-rock que metal.
Bon, ils sont aussi capables de sortir des plans death quoi, c'est des oufs lol
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Oni²
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MessagePosté le: Lun 20 Jan 2014 17:17    Sujet du message: Répondre en citant

Déjà, merci à Fly pour ce pavé que je prendrais le temps de décortiquer (y a trop plein de liens alors même qu'il n'a vraiment détaillé que Negoto), là j'ai pas tout le temps qu'il me faut. :ch:

Je connaissais Perfume de nom, et à travers une reprise de Polyrythm que Marty Friedman avait faite. Et j'aime beaucoup Luna Sea !! (du moins leur seul album que je connaisse "Mother")

Je suis assez fan de Dir en grey, dont l'évolution stylistique ne cesse de me surprendre, entre la j-rock des débuts, leur période néo, leurs aventures presque progressives d'Ouroboros et leurs tentatives de mêler tout ça avec une espèce de metal extrême zarbi.
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Fly
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MessagePosté le: Lun 20 Jan 2014 17:33    Sujet du message: Répondre en citant

Pour Luna Sea j'avais eu droit à une compilation maison de 2 CD inspirée du double live The Way We Walk de Genesis ("the shorts" et "the longs"), c'est vrai que c'est sympa comme groupe. J'ai même encore la lettre que Kaworu m'avait écrite pour tout m'expliquer. Oui, oui, une vraie lettre envoyée par la poste avec une compile maison, tellement 20e siècle :)


Pour Perfume, comme c'est le même compositeur/réalisateur que Kyary Pamyu Pamyu, je vais probablement en parler en même temps. Il y a tellement à dire! À titre comparatif : l'originale vs la version Friedman.
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merci foule fête
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MessagePosté le: Lun 20 Jan 2014 17:51    Sujet du message: Répondre en citant

Fly, je suis évidemment très content que tu aies créé ce topic. :)
Mis à part ce que tu as mis en ligne depuis 1 an environ, je connaissais bien peu d'artistes japonais : les papys heavy de Loudness, le très psyché Cornelius et la vibraphoniste Kuniko Kato que j'ai découverte avec sa réinterprétation de Steve Reich.
JE ne te remercierai jamais assez de m'avoir fait découvrir les Doll$boxx et Kyary Pamyu Pamyu !
Après, ça passe ou ça casse (sauf pour Perfume) et je ne saurais dire à quoi ça tient : pas le visuel dont je me contrefiche (je ne regarde quasiment pas les vidéos), pas les voix en soi - j'aime bien l'ultra-stridence. Une alchimie, qui se crée ou pas : le mélange euphorie/mélancolie est ce que je préfère en musique, une formule délicate qui transcende les genres et que je retrouve dans les groupes que tu nous fais découvrir. Mais parfois, je reste totalement hermétique (Negoto, par exemple - désolé). Conséquence : ça m'intrigue tellement que je veux comprendre pourquoi ! :)
En tout cas, ton texte de "présentation" te fait honneur.
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"[...]- le rythme véritable ne vient jamais de la répétition qui pourtant le prépare, mais du surgissement de l'étrange, d'un plan oblique à l'attention [...]" Alain Damasio - La Horde du Contrevent
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Fly
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MessagePosté le: Lun 20 Jan 2014 18:14    Sujet du message: Répondre en citant

merci foule fête a écrit:
Mais parfois, je reste totalement hermétique (Negoto, par exemple - désolé).

:(


Haha non mais plus sérieusement, de rien, je ne suis qu'une courroie de transmission après tout. Et moi aussi ça m'intrigue!

Et pour Negoto je suis un peu seul dans mon trip donc y a pas de mal, de toute façon c'est un peu imprévisible tout ça. Comme tu l'as dit, ça passe ou ça casse, faut pas forcément chercher à comprendre.

Bon c'est pas tout ça, mais j'ai des mises à jour à faire moi Embarassed
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Winter
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MessagePosté le: Lun 20 Jan 2014 18:36    Sujet du message: Répondre en citant

Sinon il manque aussi ça. C'est un grand classique du metal japonais et son absence nuit à la crédibilité du topic.
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MessagePosté le: Lun 20 Jan 2014 20:13    Sujet du message: Répondre en citant

J'ai eu une grosse période J-music, à une époque où j'allais mes samedis matins piocher sur les sites / blogs de rotation musicale. J'écoutais surtout les groupes de rock / métal affiliés au Visual. J'ai lâché l'affaire depuis (les groupes que j'écoutais n'existent plus ou ont viré trop guimauve), mais j'écoute encore avec beaucoup d'intérêt certains groupes comme Dir en Grey ou Janne da Arc.
Pour les groupes de Fly, je jette une oreille de temps en temps, mais comme il le dit, la limite entre le bon et le mauvais goût est périlleuse.
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DarkSchneider



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MessagePosté le: Lun 20 Jan 2014 21:47    Sujet du message: Répondre en citant

Cedric a écrit:
C'est cool de vous voir blablater même si j'y pompe rien parce que j'ai pas écouté les liens :)
Et donc en bon gros néo-beauf de base, Dir En Grey fait partie des trucs que vous écoutez/aimez ?
Parce que, à part X Japan, c'est le seul groupe nippon que je connaisse, et autant y a des trucs que je n'aime pas du tout chez eux, autant dans le malsain, ils sont pas mauvais et ça m'attrape :)



Comme d'hab, mes goûts sont plutôt orienté "vintage" et impact historique. Donc comme je ne m’intéresse qu'à la scène metal japonaise, je vais piocher dans les 80's avant tout.

X Japan est un groupe phare, et assez énorme il faut le dire. En fait, je suis pas hyper fan, mais quand c'est bon, miam ! Parceque quand même, Kurenai, c'est franchement énorme. Après c'est un groupe idéal pour aborder le metal japonais car il synthétise plusieurs facette du genre : on passe chez eux du power metal mélodique au heavy au hard rock au presque-thrash et bien bourrin et aux balades guimauves en passant par la cas expérimentations. Bref, en plus il n'ont sortis qu'une poignée d'album studio dans lesquels on peu piocher sans hésiter.

Loudness c'est le premier groupe japonais - est le seul ! - à avoir percé internationalement. C'est du heavy metal bien costaud, très inspiré, d'influence européenne bien sur, et avec un guitariste de fou furieux, un virtuose hyper technique et jamais chiant...dans les 80's. Après ils ont évolués vers d'autres sphère : groove metal, neo metal, pour revenir finalement à un style assez batard (du heavy très virulent).. Ils sont surproductifs mais ce qu'ils ont fait dans les 80's est excellent => SDI

Des Chroniques qui sont bien ici.

Sinon, le premier vrai groupe de hard/heavy japonais se nomme Bow Wow, ils ont percé dès les années 70, en faisant un hard rock classique à l'anglo saxonne, ils ont évolués vers un style plus mainstream et glam dans les 80's. Un bon groupe, mais moins marquant je trouve, la touche japonais se ressent moins ce qui les rends moins intéressant. Mais je ne connais pas très bien non plus.

Sinon un groupe qui peu être considérer comme un sous Loudness c'est Anthem : du heavy de très bonne facture, assez virulent et qui sont toujours resté fidèle au genre (des vrais True). Le chanteur est très productif et a notamment enregistré pas mal d'albums avec Animetal, groupe qui reprend des génériques d'anime en version metal. D'ailleurs, on retrouve très souvent des groupes de hard et de heavy dans les génériques d'anime.

Autre institution du metal jap : Seikima II. Un groupe de barj : ce sont des démons venus sur terre pour imposer leur religion (l'enfer) par le biais du heavy metal durant leur fameuses messes noires (les concerts...)..Ils ne se prennent pas au sérieux mais sont pourtant resté fidèles jusqu'au bout à leur concept : ainsi leur split était programmé à l'avance pour le 31/12/99, et ils l'ont fait !
En tout cas c'est du très bon heavy mélodique mid-tempo (y'a du Rainbow la dedans), toujours inspiré, avec quelques expérimentations jaazzy et prog en milieu de carrière. Et c'est un groupe de scène de malade mental !
Le clip rigoloe pour le plaisir : Big Time Changes (oui je sais, Kiss...).


Pas fan du tout des Dir En Grey et ce genre de groupe par contre...bon je n'ai pas trop creusé non plus.
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Bixl3r



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MessagePosté le: Mar 21 Jan 2014 11:16    Sujet du message: Répondre en citant

Aaaaah je l'attendais ce topic! Et j'avoue ne pas être déçu puisque le premier groupe dont tu nous parles me plait (beaucoup!)! Ce que je reprochais le plus aux nipponeries, c'est ce côté extrême dans le kitsch qui pique les yeux autant que les oreilles, et pour un béotien comme moi, c'était insupportable.
Mais là j'en suis à 3 écoutes de Negoto, et une chanson d'elctro-pop aussi délicieuse que Charon, j'en veux bien tous les jours! C'est rafraichissant et bien foutu, j'aime beaucoup! :emo06:

Du coup je creuserais de ce côté là de la jmusic! (Kyary Pamyu Pamyu m'avais filé des boutons, ce groupe réunissant tout ce qui m'insupporte dans le genre :cry: )

Citation:

alors que je pourrais utiliser mon temps si précieux à essayer de vous convaincre qu'Ænima est bel et bien l'unique chef-d'œuvre de Tool, ou que Megadeth c'est quand même beaucoup mieux que Metallica



Bon déjà Lateralus est LE chef d'oeuvre de Tool et Testament est mieux que Megadeth et Metallica réunis, imaginez un James Mustainfield :
http://www.dragonballworld.it/fusion/gotenksgrasso.gif :kiss: :kiss:
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Qu’est-ce que c’est que ce style de bouffer des petits machins tout secs et trois gallons de flotte par jour ? Si la jeunesse se met à croire à ces conneries, on se dirige tout droit vers une génération de dépressifs ! Le gras, c’est la vie.
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Blackmore
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MessagePosté le: Mar 21 Jan 2014 11:38    Sujet du message: Répondre en citant

c'est très sympa negoto en effet !

Ce qui est bien dans la jpop, c'est l'omniprésence de clavier et ça c'est prog lol

Du coup, pas étonnant que ça passe pas chez de nombreuses personnes !
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MessagePosté le: Mar 21 Jan 2014 13:19    Sujet du message: Re: Les folles aventures de Fly au pays du soleil levant Répondre en citant

Fly a écrit:

En live :
Hop! hop! hop!
...


les réalisateurs / monteurs etc.. de toutes les vidéos nippones live que tu postes me suprennent toujours par le très haut niveau de qualité !
je ne suis pas trop fan mais clique toujours pas curiosité et je reste toujours agréablement spectateur au moins de la technique.
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Fly
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MessagePosté le: Mar 21 Jan 2014 15:41    Sujet du message: Répondre en citant

@Blackie : toi, tu devrais essayer Passepied :)
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Il n'est point de réel voyage dont la destination ultime ne soit le point de départ.

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Fly
Geisharlebois


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MessagePosté le: Mer 22 Jan 2014 17:42    Sujet du message: Répondre en citant

Deuxième ajout : Chatmonchy :)
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